L’abandon du droit chrétien engendre la tyrannie !

Extraits de « La Royauté sociale de Notre Seigneur Jésus-Christ » d’après le Cardinal Pie :

La responsabilité du pouvoir est très grande, car en se séparant de Jésus-Christ, il [ce pouvoir] en a séparé officiellement le pays. Le châtiment sera proportionné à sa faute et il aura une répercussion sur la société tout entière, à cause de l’union étroite qui existe entre les chefs et les subordonnés, entre les dirigeants et les dirigés. Voici les maux dont le pouvoir sera atteint : la tyrannie, l’instabilité, le manque absolu de grands hommes, et il n’en guérira pas qu’il ne soit retourné officiellement à Jésus-Christ.

La tyrannie

Le droit chrétien seul est profondément antipathique au despotisme parce que les institutions chrétiennes sont le plus sûr rempart de la liberté et de la dignité des peuples. Quand le droit de Dieu a disparu, il ne reste que le droit de l’homme, et l’homme ne tarde pas à s’incarner dans le pouvoir, dans l’État, dans César ou dans l’omnipotence anonyme du parlement.

Quand la religion n’est plus la médiatrice des rois et des peuples, le monde est alternativement victime des excès des uns et des autres. Le pouvoir, libre de tout frein moral, s’érige en tyrannie, jusqu’à ce que la tyrannie devenue intolérable amène le triomphe de la rébellion. Puis de la rébellion sort quelque nouvelle dictature plus odieuse encore que ses devancières. Telles sont les destinées de l’humanité émancipée de l’autorité tutélaire du christianisme. Telles ont été aussi les destinées de notre pays, dès qu’il a été officiellement séparé de Dieu. Il a été livré à la tyrannie des pouvoirs.

L’instabilité

Manifestement la société actuelle est atteinte du mal caduc. A tout propos, elle est jetée à terre ; rien de plus commun que de voir ses institutions à vau-l’eau ; parfois même, elle devient la proie des flammes. Et ces chutes ont pris un caractère de périodicité qui semble devenu la loi de l’histoire contemporaine.

Le monde moderne met un certain amour-propre à proclamer la date de sa naissance ; volontiers il se dit l’enfant de 89. Or, depuis cette époque fatidique, notre patrie a été constamment sous l’empire de cette singulière affection morbide que les latins, par une synonymie curieuse dont les lexiques offrent l’explication, appellent d’un nom qui peut également signifier le mal de l’épilepsie et le mal parlementaire, le mal des assemblées et des comices morbo comitiali laborans. A partir de ce temps, la chose publique n’a pas discontinué de subir l’influence des lunaisons.

Le manque total de grands hommes

Malgré leurs vains efforts pour se hausser et se grandir les hommes continuent à descendre et chacun des sauveurs qui apparaît à l’horizon ne tarde pas à tomber au-dessous de celui qui l’a précédé ; c’est comme une compétition et une rivalité d’impuissance. Les principes manquant, la disette d’hommes est devenue si grande dans le camp de l’ordre qu’on ne voit surgir en ce temps ni chef politique, ni chef militaire, ni prince, ni prophète qui nous fasse trouver le salut.

Je le crois bien, il n’y a pas d’hommes là où il n’y a pas de caractères, il n’y a pas de caractères où il n’y a pas de principes, de doctrines, d’affirmations ; il n’y a pas d’affirmations, de doctrines, de principes, où il n’y a pas de foi religieuse et par conséquent de foi sociale.

Jamais le monde n’a été livré aux chances du hasard et de l’imprévu autant qu’il l’est à cette heure. Tyrannie des gouvernements, instabilité des pouvoirs, nullité des hommes, voilà le triple mal qui découle de l’abandon du droit chrétien.


Source : « La Royauté sociale de Notre Seigneur Jésus-Christ » d’après le Cardinal Pie, P. Théotime de Saint Just