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Pourquoi diffuser aujourd’hui la dévotion au Sacré Cœur ?

Il y a 60 ans, le pape Pie XII donnait dans son encyclique Haurietis Aquas in Gaudio de précieux encouragements pour répandre la dévotion au Sacré Cœur. Publiée le 15 mai 1956, l’encyclique évoque des principes plus nécessaires encore aujourd’hui dans notre société rongée par la crise religieuse. Ci-dessous quelques extraits utiles à tous nos amis engagés dans la campagne « Cœur Sacré de Jésus, j’ai confiance en Vous ! » (les intertitres ont été ajoutés par la rédaction pour faciliter la compréhension).Un excellent moyen pour accéder à la perfection chrétienne

En réalité, si l’on examine comme il faut les arguments sur lesquels se fonde le culte rendu au Cœur transpercé de Jésus, il est manifeste pour tout le monde qu’il ne s’agit pas d’une forme commune de piété que chacun peut arbitrairement faire passer en second rang ou déprécier, mais d’une discipline qui conduit excellemment à la perfection chrétienne. Car si, selon le concept théologique traditionnel enseigné par le Docteur angélique « la dévotion apparaît comme n’étant rien d’autre que la volonté de se donner avec empressement aux choses qui concernent le service de Dieu »(111), peut-il y avoir un service de Dieu plus obligatoire et plus nécessaire, plus noble et plus doux que celui qui est rendu à son amour ? Quel service peut être plus agréable à Dieu que celui qui est rendu par amour à son divin amour, puisque tout service rendu libéralement est en quelque sorte un don et que l’amour « constitue le premier don, source de tout don gratuit » ? (112) (…)

La certitude de respecter le premier commandement divin

Il ne fait ainsi aucun doute que les fidèles qui rendent hommage au Cœur très sacré du Rédempteur satisfont à l’obligation très importante qu’ils ont de servir Dieu, de consacrer au Créateur et Rédempteur leurs personnes, leurs sentiments intimes et leurs activités, et ils obéissent par là au commandement divin : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force. »(113) Ils ont de plus la ferme certitude que ce ne sont pas des avantages personnels, corporels ou spirituels, temporels ou éternels, qui sont leur principal motif de servir Dieu, mais la bonté de Dieu lui-même auquel ils cherchent à rendre hommage en l’aimant, en l’adorant et en lui rendant les grâces qui lui sont dues. (…)

Nécessité de cette dévotion pour la société civile

Mais, Vénérables Frères, malgré les fruits abondants de vie chrétienne qu’a produits partout la dévotion au Cœur très sacré de Jésus, il n’échappe à personne que l’Église militante et surtout la société civile des hommes n’ont pas encore atteint cette pleine et absolue mesure de perfection qui répond aux vœux de Jésus-Christ, Époux de l’Église mystique et Rédempteur du genre humain. Beaucoup de fils de l’Église, en effet, défigurent par de nombreuses taches et de nombreuses rides le visage de leur Mère qu’ils reflètent en eux ; tous les fidèles n’ont pas cette sainteté de mœurs à laquelle Dieu les a appelés ; tous les pécheurs ne sont pas revenus à la maison du Père qu’ils ont fautivement quittée (…), tous les infidèles ne font pas encore partie du Corps mystique du Christ. (…) Nous souffrons encore bien davantage des actes des hommes impies qui, aujourd’hui plus que jamais, comme excités par l’ennemi infernal, poursuivent d’une haine implacable et ouverte Dieu (…).

Une forme de piété qui convient aux besoins actuels de l’Église et du genre humain

Devant le spectacle de tant de maux qui, aujourd’hui plus que jamais, atteignent si vivement les individus, les familles, les nations et le monde entier, où devons-nous, Vénérables Frères, chercher le remède ? Peut-on trouver une forme de piété supérieure au culte du Cœur de Jésus, qui réponde mieux au caractère propre de la foi catholique, qui subvienne mieux aux besoins actuels de l’Église et du genre humain ? Quel culte est plus noble, plus doux, plus salutaire que celui-là, tout entier dirigé vers l’amour même de Dieu ?(119) Enfin, quel stimulant plus efficace que l’amour du Christ – avivé et augmenté sans cesse par la dévotion au Cœur très sacré de Jésus – pour amener les fidèles à mettre en pratique, dans leur vie, la loi évangélique, sans laquelle – comme nous en avertissent les paroles du Saint-Esprit : « L’œuvre de la justice sera la paix »(120) – il ne peut pas y avoir entre les hommes de paix digne de ce nom ?


Notes : 111. Sum. Theol., IIa-IIae, q. LXXXII, a. 1. – 112. Ibid., I, q. XXXVIII, a. 2 – 113. Marc. XII, 30; Matth. XXII, 37. – 119. Cf. Enc. Miserentissimus Redemptor : A. A. S., XX. – 120. Is. XXXII, 17.

Encyclique Haurietis Aquas in Gaudio, du 15 mai 1956, Bonne Presse.

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