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Le ressuscité de Naïm

Fils de la veuve de Naïm
« La résurrection du fils de la veuve de Naïm », détail, par Heinrich Hofmann, 1893 – Photo : Wikimedia Commons, public domain.

A Naïm, Notre-Seigneur s’est émut des larmes de la veuve restée seule après le décès de son unique fils. Il s’émeut aussi facilement par ceux qui cherchent toujours sa compagnie car son Sacré Coeur, qui souffre de l’indifférence et de l’apathie des hommes, veut que nous soyons constamment avec Lui. Ci-dessous, ce passage de l’Évangile raconté par le Père Augustin Berthe.

La renommée de Jésus grandissait de jour en jour. En dépit des préjugés et des calomnies, le peuple commençait à croire que le prophète réaliserait les espérances de la nation. Après avoir fait régner Dieu dans les cœurs, il ferait régner Israël sur le monde. Ses miracles prouvaient la divinité de sa mission, et les pharisiens le comprenaient si bien qu’ils avaient tenté d’anéantir cette preuve en attribuant au démon les guérisons miraculeuses, et même l’expulsion des démons ; ce qui est le comble de l’absurdité.

Un événement plus extraordinaire que tous les autres vint alors attirer sur le prophète l’attention de tout le pays et forcer pour ainsi dire la population à reconnaître le Messie. Vers le temps de la Pentecôte, Jésus, suivi de ses apôtres, quitta Capharnaüm pour évangéliser la basse Galilée. De nombreux pèlerins qui se rendaient à Jérusalem lui faisaient cortège. Ceux-ci accompagnaient volontiers le Maître dans ses excursions, afin de recueillir les paroles de salut qu’Il semait le long des routes, comme le laboureur jette le blé dans ses sillons.

L’unique enfant de la veuve meurt

Après avoir côtoyé le lac, traversé Bethsaïde et Magdala, longé les contours verdoyants du Thabor, ils découvrirent sur les versants de l’Hermon la belle cité de Naïm. Et déjà ils montaient l’étroit sentier qui conduit à la ville, quand un convoi funèbre, se dirigeant vers le cimetière, les força de s’arrêter. Devant le cadavre porté sur une litière, un chœur de musiciens jouait des airs lugubres. Des femmes en pleurs les accompagnaient de leurs funèbres lamentations. A la suite de ce cortège venait une pauvre veuve, dont les larmes et les sanglots accusaient l’inconsolable douleur. Celui qu’on portait en terre était son unique enfant. Toute la ville, touchée de compassion, entourait cette malheureuse mère, maintenant seule au monde.

Le coeur de Jésus s’émeut de pitié pour cette veuve restée seule au monde

Jésus arrêta un instant son regard sur le jeune homme étendu sur le brancard, la tête découverte, le visage aussi pâle que le linceul jeté sur son corps, puis Ses yeux se portèrent sur la femme éplorée qui suivait le cadavre. Son cœur s’émut de pitié : « Femme, dit-Il à la pauvre mère, cessez de pleurer. » Et s’approchant du mort, Il posa la main sur la litière. A ce geste, les porteurs s’arrêtèrent, le convoi suspendit sa marche, et tous les assistants, silencieux, les yeux fixés sur le prophète, se demandaient ce qui allait arriver, quand tout à coup, étendant la main vers le cadavre, Jésus s’écria d’une voix forte : « Jeune homme, Je te le commande, lève-toi ! »

A l’instant, le mort se leva et se mit à parler. Jésus le prit par la main et le rendit à sa mère, devant toute la foule muette de stupeur. Chacun restait comme pétrifié à la vue d’un pareil prodige, mais bientôt à cette espèce d’épouvante succéda l’admiration poussée jusqu’au délire. Des acclamations sans fin retentirent jusqu’aux montagnes voisines en l’honneur du grand Dieu qui donne la mort et ressuscite : « Un grand prophète a surgi parmi nous, s’écriait-on de toutes parts, et Dieu enfin a visité son peuple. »

En ce jour, il ne se rencontra ni scribe ni pharisien pour attribuer à Satan la gloire de cette résurrection.


Source : Extrait de « Jésus-Christ, sa vie, sa passion, son triomphe », par le Pe Augustin Berthe. Les intertitres sont de la rédaction.