La pureté d’âme de sainte Marguerite-Marie Alacoque pendant la communion

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Détail d'un tableau représentant la Sainte Communion qui se trouve dans la chapelle du Saint-Sacrement de l'église St-Simon-Apôtre, à St-Simon (SP), Brésil. Photo: RStaparo (Own work) [Public domain], via Wikimedia Commons

Le Sacré Cœur a adressé les paroles à sainte Marguerite-Marie Alacoque pour répondre à son ardeur extraordinaire de recevoir la communion :

« Si Je n’avais pas institué mon divin sacrement d’amour, je l’instituerais pour l’amour de toi, afin d’avoir le plaisir de loger dans ton âme et prendre mon repos d’amour dans ton cœur ».

Mais comment la sainte concevait la pureté d’âme avec laquelle il faut communier ? Un passage de sa vie, écrite par des sœurs contemporaines, en donne une édifiante explication.

Le désir de recevoir la sainte communion et le désir d’expier

« Sainte Marguerite-Marie Alacoque disait qu’elle ressentait toujours deux grandes faims : l’une était de la sainte communion, où elle recevait le Dieu de son cœur et le Cœur de son Dieu ; et l’autre de la souffrance, mépris et anéantissement. Le bon usage qu’elle fait de cette seconde viande, la disposait à goûter la première avec la suavité qu’elle y trouvait. C’était ordinairement dans la sainte communion que Notre Seigneur lui donnait le plus de grâces. Nous allons lui laisser faire le récit de quelques-unes qu’elle a reçues en différents moments :

« Mon souverain me demanda une fois après la sainte communion :

« “— Ma fille, me dit-Il, qu’aimerais-tu mieux : me recevoir indignement et qu’après je te donne mon Paradis, ou bien te priver de me recevoir pour me voir plus glorifié et, après cette privation, que l’enfer soit prêt à t’abîmer ?

« Mais l’amour eut à l’instant fait le choix et la réponse, lui disant de toute l’ardeur de mon cœur :

« “— O mon Seigneur ! Ouvrez cet abîme et vous verrez que le désir de votre gloire m’y aura bientôt précipitée.

« Je sentais beaucoup de peine que ce pain de vie fût mangé indignement, depuis surtout qu’Il me fit voir le mauvais traitement qu’Il recevait dans une âme, où je Le vis comme lié et foulé aux pieds, me disant d’une voix triste :

« “— Regarde comme les pécheurs me traitent et me méprisent !

Souffrances pendant le carnaval

« Un jour de carnaval, après la sainte communion, mon divin Époux se présenta à moi sous la figure d’un Ecce Homo, chargé de sa Croix, tout couvert de plaies et de meurtrissures : son sang adorable coulait de toutes parts, et Il me disait d’une voix triste et douloureuse :

« “N’y aura-t-il personne qui ait pitié de moi, qui veuille compatir et prendre part à ma douleur dans le pitoyable état où les pécheurs me mettent, surtout à présent ?

« Me prosternant à ses pieds sacrés, avec larmes et gémissements, je me présentai à lui. Aussitôt, je me trouvai chargée d’une lourde croix, toute hérissée de pointes de clous. Me sentant accablée sous ce poids, je commençais à mieux comprendre la malice du péché, et je le détestais si fort dans mon cœur, que j’aurais voulu mille fois me précipiter dans l’enfer, plutôt que d’en commettre un volontairement. Il me fit voir que ce n’était pas assez de porter cette croix, mais qu’il fallait m’y attacher avec lui, afin de lui tenir fidèle compagnie, en participant à ses douleurs, mépris, opprobres et autres indignités. Je m’abandonnai à tout ce qu’il voudrait faire de moi et en moi, m’y laissant attachée à son gré : ce qu’il fit par une violente maladie qui me fit ressentir les pointes aiguës de cette croix hérissée. Cet état de souffrance me durait ordinairement tout le temps de carnaval. »


Extrait de « Vie et Œuvres de la Bienheureuse Marguerite-Marie Alacoque », Tome I. Intertitres ajoutés par la rédaction. Le langage des « sœurs contemporaines » étant très ancien, certaines retouches ont été nécessaires pour rendre la lecture plus facile.