La lutte irréconciliable entre le règne du Sacré Cœur et celui du démon

La vision de la Croix pendant la bataille du Pont Milvius entre Constantin I et Maxence (détail), Musée du Vatican, École de Raphaël (1483–1520). Photo : Public domain, via Wikimedia Commons.

 

Tout le plan divin se résume dans ces seuls mots de l’apôtre saint Paul :

« Il faut que Jésus-Christ règne ». (1 Cor 15,25)

Toutes les œuvres du Fils de Dieu – dont les trois principales : l’Incarnation, la Rédemption et l’Église – ont pour but l’établissement de son règne en ce monde. Jésus-Christ n’a travaillé et ne travaille que pour établir son règne. Sa vie mortelle a été comme la prise de possession de son trône et quand Il l’eut scellé de son sang il remonta au ciel, sans pourtant quitter son royaume terrestre.

Au jour de l’Ascension, si la possession de son royaume était assurée, la conquête n’en était pas faite. Il resta dans l’Eucharistie afin de surveiller de près, en quelque sorte, les opérations de ses serviteurs.

À ses apôtres, Il avait dit :

« Allez dans le monde entier et prêchez l’Evangile. » (Mc, 16,15).

Si toute l’action de la divine Providence en ce monde tend à établir le règne de Jésus-Christ, l’unique but que poursuit Satan et ses légions invisibles et visibles, avec un infatigable acharnement, est d’empêcher l’avènement de ce règne bénit.

Si le cri de ralliement des amis du Sauveur est « Il faut que Jésus-Christ règne ! », le cri de guerre de ses ennemis est « Nous ne voulons pas qu’Il règne sur nous ! » (Luc, 19,14)

De là une guerre perpétuelle.

Le combat acharné que ces deux camps opposés se livrent en ce monde doit se terminer par le triomphe final de notre divin Sauveur. Triomphe si assuré que Notre Seigneur le regarde comme déjà obtenu :

« Ayez confiance, dit-il, j’ai vaincu le monde » (Jean, 21, 16-33).

Cependant la lutte soutenue pour la cause du divin Roi a des alternatives de victoires et de défaites partielles ; mais quand les ennemis semblent sur le point de l’emporter et que le camp des amis faiblit, Dieu, par quelque moyen providentiel, rétablit le combat et ramène la victoire sous l’étendard de Celui qui se nomme : « Le roi des rois, le Seigneur des seigneurs ». Les moyens surnaturels choisis dans ce but sont ordinairement des dévotions nouvelles.

Les trois premiers siècles après la naissance de notre Sauveur furent une ère de conquête et de préparation. Des millions de fidèles achetèrent au prix de leur sang l’entrée dans le royaume de Jésus-Christ.

Ensuite ce fut une ère de triomphe, où le royaume de Jésus-Christ prit sa forme régulière.

Le 28 octobre 312, la Croix fut montrée à Constantin avec ses mots : « Par ce signe tu vaincras ! » Un saint enthousiasme s’empara aussitôt des chrétiens pour ce signe de salut ; par lui ils opérèrent des merveilles de vertu et d’héroïsme, et souvent de véritables miracles.

Satan, ne pouvant supporter un tel enthousiasme pour la Croix, lui déclara une guerre acharnée. Il suscita des hérétiques, notamment les protestants qui la proscrivirent, les jansénistes qui la défigurèrent, les philosophes qui s’en moquèrent ; et hélas ! les chrétiens, par respect humain, laissèrent s’affaiblir en eux leur sainte ardeur pour la Croix.

Que va faire alors le divin Roi, pour rallier son armée fidèle et la fortifier dans les combats des derniers temps ?

Vers 1673, Notre Seigneur apparut à Sainte Marguerite-Marie et, lui présentant l’image de son divin Cœur, lui dit :

« Voici comme un nouveau Médiateur ; c’est le dernier effort de mon amour pour sauver encore une fois le monde. Par lui je veux régner. Oui ! mon divin Cœur règnera ! »

Il lui découvrit ensuite, dans une série de visions qui se succédèrent pendant près de vingt ans, le programme de la nouvelle forme de son règne en ce monde. Il lui fit connaître qu’Il voulait régner par son divin Cœur dans les derniers siècles comme dans les précédents Il avait régné par la dévotion à sa Croix sainte.

La dévotion au Sacré Cœur doit produire une effusion si abondante des fruits de la Rédemption, que Sainte Marguerite-Marie dit que le Sacré Cœur est comme un « nouveau Médiateur ».


Source : « Catéchisme de la dévotion au Sacré Cœur de Jésus d’après la B. Marguerite-Marie », Père Alfred Yenveux