Voici quelques réflexions qui soulignent les liens entre le Sacré Coeur et l’institution de l’ Eglise catholique.

Jésus a laissé le trésor de sa doctrine à l’ Eglise catholique

Jésus-Christ est resté trente-trois ans sur la terre, et il est remonté au ciel. Quel aurait été notre embarras si, après ce court espace de temps, Il nous avait laissés livrés chacun à nos propres inspirations ! Les uns n’auraient point eu assez de temps pour étudier, approfondir sa parole ; d’autres, pas assez de clairvoyance dans l’esprit pour l’interpréter dans les circonstances difficiles ; les pécheurs repentants se seraient demandé tout au long de leur vie s’ils étaient bien pardonnés ; mille doutes se seraient élevés, si nulle voix sensible n’avait eu l’autorité pour les résoudre.

Jésus, dans sa prévoyance infinie et sa bonté sans bornes, a réuni tous ses fidèles en une même société qu’on appelle l’Eglise : Bercail immense, qui nous enferme dans son sein loin du loup ravisseur ; cette Eglise comprend des brebis et des pasteurs, des peuples qui sont enseignés et conduits, des prêtres, successeurs des apôtres, qui conduisent et qui enseignent.

A cette société, Jésus a laissé le trésor de sa doctrine, il a confié la distribution de ses grâces. Il a promis que son Esprit reposerait en elle, comme il reposa au Cénacle sur la tête des apôtres. Il lui a assuré qu’il serait avec elle jusqu’à la consommation des siècles.

L’ Eglise catholique sort d’un Cœur qui connaît nos besoins !

Composée d’éléments humains sujets à l’erreur, au péché, s’ils sont pris chacun dans leur individualité, l’Eglise est cependant infaillible en ce qui regarde sa mission, parce qu’elle est constamment assistée du Saint-Esprit.

Sur la croix, Jésus a été le sacrificateur souverain, prêtre et victime à la fois, offrant le seul holocauste digne de la divinité. Son cœur, organe de sa volonté, ordonnait l’auguste sacrifice. Mais l’Esprit-Saint avait dit de lui : « Tu es prêtre pour l’éternité. » Ce sacerdoce éternel, Il le communique ici-bas, et le prêtre a, dans l’Eglise, le pouvoir de sacrifier, de bénir, de pardonner, de consoler au nom de Jésus-Christ.

Quelle admirable institution ! Et comme elle devait bien sortir d’un Cœur qui connaît nos besoins !

Si je suis dévoré par le doute, je sais à qui soumettre mes objections : c’est à ceux qui ont le dépôt des divines vérités, qui gardent le flambeau de la foi allumé dans l’Eglise, pour en éclairer tous les hommes.

Si je suis tourmenté par la crainte, ceux qui ont reçu la mission de transmettre le pardon divin m’assurent que les conditions sont remplies, que le sang de Jésus m’a été appliqué.

Si je n’ai pas d’amis, de parents, de fortune, je me dis que j’appartiens à une famille immense, laquelle jouit du trésor des mérites de Jésus-Christ, de la Vierge et des saints ; je me dis que l’Eglise est ma mère, que je trouverai toujours en elle appui et consolation, qu’elle peut ouvrir le ciel à ses enfants.

La sainte Eglise catholique, notre mère

« Je dors, mais mon Cœur veille. » Oui, c’est bien dans l’Eglise que veille le Cœur de Jésus-Christ. Il y veille réellement, puisqu’elle a le trésor de la sainte Eucharistie ; il y veille par le cœur des pasteurs en qui se reflètent les sentiments du cœur divin ; il y veille par la charité qui doit unir tous les fidèles.

Jésus-Christ est la vigne, et nous sommes les branches ; il est le corps, et nous sommes les membres ; nous vivons donc de sa vie ; la sève de sa charité circule en nous ; son Cœur est le cœur de l’Eglise, puisque celle-ci est vivifiée par son sang.

C’est à faire le bien que Jésus a passé sa vie sur la terre (Ac X, 38). L’Eglise ne fait pas autrement. Elle a civilisé les peuples barbares et adouci leurs mœurs ; elle a courbé vers la misère du petit et du faible, l’égoïsme du fort ; elle fait répandre sur l’indigence du pauvre le superflu du riche ; elle endort la plainte qui s’élève, depuis six mille ans, du sein de l’humanité souffrante, parce qu’elle montre à ceux qui souffrent l’aurore d’un jour nouveau où toute justice s’accomplira. Ce rôle divin, elle le continuera envers et contre tous, malgré les efforts de l’enfer, car Notre-Seigneur a prédit que les voies et les moyens de celui-ci ne prévaudraient point contre elle.

Pour nous, l’Eglise est une mère : nous naissons dans son sein, nous vivons dans ses bras.

Pour Jésus-Christ, l’Eglise est une épouse. Dieu, envoyant un profond sommeil à Adam, avait tiré de son flanc la côte dont il forma Eve. Du côté entr’ouvert de Jésus sur la Croix sortit également l’Eglise, son épouse. Lui aussi peut dire : « Voici l’os de mes os, et la chair de ma chair. »

Parti avant nous pour le royaume de son Père, qui doit être notre héritage, Jésus-Christ confie à cette épouse aimée le soin d’élever dans son amour les enfants qu’Il lui a donnés, et de les conduire un jour dans la Patrie céleste.

Sacré Cœur de Jésus, j’ai confiance en Vous !


Source : « Mois du Sacré Cœur de Jésus », titres et intertitres ajoutés par la rédaction.