La consécration du genre humain au Sacré Cœur de Jésus

Le Pape Léon XIII consacre le genre humain au Sacré Coeur, vitrail de l'église Erzengel Michael, à Gaschurn, Vorarlberg, Autriche. (photo böhringer friedrich, CC BY-SA 2.5 via Wikimedia Commons).

L’apogée du mouvement de consécration au Sacré Cœur a été la consécration du « genre humain au Sacré-Cœur », faite par le Pape Léon XIII en 1899 et qu’il a définie comme « l’acte le plus important de notre pontificat ».

Ce mouvement avait déjà prospéré en 1870, lors du Concile Vatican I, mais la brusque fermeture du concile en avait reporté l’exécution. En 1875, l’Apostolat de la Prière avait recueilli les signatures de 525 évêques et 3 millions de membres pour soutenir la demande de consacrer le monde au Divin Cœur, qui avaient été remises au Bienheureux Pape Pie IX par le père Ramière. Le pape en avait accepté la demande et il avait prononcé solennellement la consécration du 6 Juin 1875, exhortant les évêques et les fidèles à l’imiter. Mais tout avait été réduit à une série d’actes individuels, certes nombreux, mais il manquait un acte public accompli officiellement au nom de l’Église.

Maria Droste zu Vischering, à l’âge de 15 ans (photo Wikimedia Commons).

A cette époque, une jeune noble allemande, Maria Droste zu Vischering, devenue religieuse et ensuite supérieure du couvent du Bon Pasteur à Porto (Portugal), reçut des révélations de Notre-Seigneur qui l’invitait à s’adresser au Pape afin que la consécration du genre humain au Sacré Cœur s’accomplisse. Après beaucoup d’hésitations, elle écrivit à Léon XIII en juin 1898 et puis en janvier 1899. (…)

Après s’être assuré de la crédibilité de ces révélations, Léon XIII confia au cardinal Camillo Mazzella, théologien notable et préfet de la Sacrée Congrégation des Rites, la tâche de s’assurer qu’un pape pouvait consacrer au Sacré Cœur tout le genre humain, et non seulement l’Eglise. Le cardinal répondit par l’affirmative. (…)

Léon XIII ne tarda plus : il voulait accomplir l’acte de consécration avant la fin du siècle. Le 3 avril 1899, il publiait l’encyclique Annum Sacrum, la première dédiée au Sacré Cœur, qui annonçait la consécration imminente et exhortait les évêques à l’imiter. Et le 11 juin de la même année, le Pape prononçait solennellement la consécration du genre humain au Sacré Cœur.

Peu après, il envoyait le texte officiel à Mère Droste zu Vischering. Mais la voyante était décédée trois jours avant la consécration, après avoir accompli sa mission. Elle a été béatifiée par le pape Paul VI en 1975.


Extrait de « Il Sacro Cuore, salvezza delle famiglie e della sociétà », de Guido Vignelli. Traduction par nos soins.

Note : le texte de la consécration a été modifié par le Pape Pie XI, le 17 octobre 1925 pour accentuer le caractère de réparation de la fête du Sacré Cœur.


 

Très doux Jésus, Rédempteur du genre humain, jetez un regard sur nous, qui sommes humblement prosternés devant votre autel. Nous sommes à vous, nous voulons être à vous ; et afin de pouvoir Vous être plus fermement unis, voici qu’en ce jour, chacun de nous se consacre spontanément à votre Sacré-Cœur.

Beaucoup ne vous ont jamais connu ; beaucoup ont méprisé vos commandements et vous ont renié. Miséricordieux Jésus, ayez pitié des uns et des autres, et ramenez-les tous à votre Sacré-Cœur.

Seigneur, soyez le roi, non seulement des fidèles qui ne se sont jamais éloignés de vous, mais aussi des enfants prodigues qui vous ont abandonné ; faites qu’ils rentrent bientôt dans la maison paternelle, pour qu’ils ne périssent pas de misère et de faim.

Soyez le roi de ceux qui vivent dans l’erreur ou que la discorde a séparés de vous ; ramenez-les au port de la vérité et à l’unité de la foi, afin que bientôt il n’y ait plus qu’un seul troupeau et qu’un seul pasteur.

Accordez, Seigneur, à votre Église, une liberté sûre et sans entraves ; accordez à tous les peuples l’ordre et la paix ; faites que d’un côté du monde à l’autre, une seule voix retentisse : « Loué soit le divin cœur qui nous a acquis le salut, à lui gloire et honneur dans tous les siècles ». Amen.