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Appel urgent à résister à la trahison et la ruine de l’Occident, fine fleur de la civilisation chrétienne

... nous encouragerons la restauration de la civilisation chrétienne avec encore plus d’éclat et de solidité, afin que l’Occident retrouve le leadership mondial qu’il mérite, non pas parce qu’il est occidental, mais parce qu’il est catholique.

Saints Pierre et Paul

Saint Pierre et saint Paul se disant au revoir en partant pour le martyre, 1831 (détail), par Johann Nepomuk Höfel ; église Saints-Pierre-et-Paul à Thaya, Basse-Autriche. Photo : Wolfgang Sauber, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.

La triple crise de COVID-19, les émeutes et le désastre économique ébranlent aujourd’hui les fondements spirituels et matériels de l’Occident et du monde. Cette crise n’est pas ordinaire puisqu’elle remet en question nos certitudes usées par le temps, change notre vie quotidienne et restreint la liberté de l’Église. Face à cette crise, beaucoup sont stupéfaits et se demandent ce qui a mal tourné. Où va l’Occident? Est-il possible d’éviter le chaos qui s’approche?

Face au grand péril de l’Occident, en tant que laïcs catholiques qui ont longtemps défendu la civilisation chrétienne contre les erreurs du communisme et du socialisme la Fédération Pro Europa Christiana et les organisations sœurs autonomes sur les cinq continents offrent leur analyse du danger et leur message plein d’espoir dans une restauration.

I. La situation actuelle

La crise actuelle se manifeste de multiples façons. Cependant, elles présentent toutes une unité de but qui vise à détruire les structures restantes de la civilisation chrétienne occidentale. Nous pourrions les diviser en trois grandes catégories.

1. Une crise sanitaire qui touche tous les aspects de la vie

Le monde est confronté à une épidémie virale dont l’origine et la propagation pointent de manière suspecte vers la Chine. Ce virus a surtout touché les nations chrétiennes d’Europe et d’Amérique, tant par ses graves risques sanitaires que par les profondes répercussions économiques, sociales et psychologiques des mesures draconiennes sanitaires et de confinement.

La soi-disant nouvelle normalité affecte également la vie de centaines de millions de personnes en limitant leur liberté de mouvement, en interrompant le travail et l’éducation, en interdisant ou limitant les rassemblements et les événements culturels et, enfin, en restreignant l’accès à la messe dominicale et aux sacrements.

On dit aux gens de s’habituer à un monde de tristesse, d’isolement et de sous-consommation contrôlé par les technocrates, un peu comme le cauchemar dystopique du roman «1984», de George Orwell.

2. La pandémie a révélé les faiblesses structurelles de notre monde globalisé

Une grave crise économique frappe à la porte avec des conséquences politiques, sociales, culturelles et psychologiques massives. Les analystes de classe mondiale prédisent qu’elle sera bien pire que la Grande Dépression qui a débuté en 1929.

La pandémie a révélé la dépendance économique monumentale de l’Occident, fruit pourri de la délocalisation imprudente de sa base manufacturière, surtout vers la Chine. Le monde, tel que nous le connaissions, semble en voie de disparition.

3. Les troubles affaiblissent encore l’Occident

L’Occident est affaibli par des foyers de troubles qui sont apparus simultanément dans le monde entier comme s’ils avaient été déclenchés par une direction commune. Ces points comprennent :

  • a) Une immigration incontrôlée, trouble importé qui favorise la formation d’enclaves étrangères au sein des nations. De nombreux nouveaux arrivants (en particulier les migrants musulmans) refusent l’intégration et l’assimilation, ce qui crée de facto un séparatisme interne. Cela transforme l’Occident en un «espace ouvert» multiethnique, multireligieux et multiculturel, sans identité ni but commun.
  • b) Un autre point focal est la montée des politiques identitaires et des idéologies de gauche qui cherchent à effacer tous les vestiges et structures du passé chrétien — ces idéaux sociaux «déconstructionnistes» visent la société bourgeoise capitaliste. De nombreux gauchistes ont profité des différences raciales et culturelles pour promouvoir la lutte des classes par la violence des rues et la destruction urbaine. Les émeutes promues par le mouvement «Black Lives Matter» aux États-Unis en sont un exemple typique.

L’une des conséquences de ces troubles est qu’ils conduisent à un radicalisme qui, avec l’aide des médias, effraie et paralyse la majorité silencieuse. Dans les pays où la majorité réagit, la polarisation idéologique qui en résulte conduit à une paralysie des institutions démocratiques, et de nombreuses voix évoquent même le risque de guerre civile.

II. L’homme occidental face à cette perspective

L’Occident n’est pas préparé à faire face à cette triple crise. Ses fondements sont érodés par la terrible faiblesse structurelle d’une révolution culturelle massive, comme en témoignent, par exemple, la crise de la famille, la culture de la mort représentée par l’avortement provoqué et une idéologie LGBT agressive qui s’impose à toute la société, même aux enfants innocents.

Par-dessus tout, l’Occident est affaibli par une crise spirituelle. Un nombre incalculable de personnes abandonnent la Foi et vivent sans Dieu et sans sa loi, ne recherchant plus sa grâce et la vie sacramentelle. Notre décadence morale nous a affaiblis, et nous avons oublié nos racines chrétiennes.

Privées de soutien spirituel et social, de nombreuses personnes réagissent à cette triple crise avec choc et incrédulité. De nombreux psychologues appellent cela un «traumatisme collectif». Notre monde puissant, solide, technologiquement parfait et sûr de lui, a été ébranlé jusqu’à ses fondations par le nouveau coronavirus.

En quelques mois, avec l’économie occidentale, de nombreuses certitudes se sont effondrées. Ces certitudes avaient nourri l’optimisme des masses dans un progrès indéfini. Aujourd’hui, la crise a érodé la confiance dans les médias, la science, les autorités politiques et même les chefs religieux.

L’optimisme, trait caractéristique de notre époque, que les deux guerres mondiales n’ont pas pu ébranler s’estompe et est en train de disparaître, entraînant une anxiété croissante pour l’avenir.

Dans ce contexte d’appréhension, beaucoup commencent à remettre en question les prémisses de l’Occident. Ils se demandent : qu’est-ce qui a mal tourné? Y a-t-il une solution? Y a-t-il une lumière qui pourrait nous guider pendant la tempête, nous réconforter et nous redonner confiance dans l’avenir?

Ces questions contiennent le germe du remords et un faible désir de reprendre le chemin abandonné de la vertu.

III. Un immense orphelinage spirituel

À l’Occident, il en résulte une grande faiblesse politique. Il se trouve très dégradé dans un monde «multipolaire» où la Chine communiste joue le rôle de dragon. De nombreux auteurs dénoncent le déclin progressif et inévitable de la puissance politique, militaire et diplomatique de l’Occident sur la scène internationale.

Au milieu de la crise, nous ferions bien de revenir à la source de la culture chrétienne pour y redécouvrir les valeurs spirituelles dont nous sommes bâtis. De cette source spirituelle jaillissent l’ordre, les institutions et les grâces qui nous permettront de sortir de la triple crise actuelle. Seul un tel retour des enfants prodigues à la maison du Père peut régénérer la société à l’échelle et dans la mesure nécessaire.

Cependant, notre incapacité à faire face à la triple crise provient du fait qu’une crise parallèle au sein de l’Église mine nos certitudes, nos principes et nos valeurs. Cette crise spirituelle est bien plus destructrice, car elle nous prive des moyens qui nous aident à trouver des solutions.

En cette heure de suprême danger pour le christianisme, les fidèles lèveraient naturellement leur regard vers la Chaire de Pierre, l’autorité suprême de l’Église catholique, en quête d’une parole de réconfort et de conseil. Mais au lieu d’être le rempart de l’Occident, le Saint-Siège semble indifférent à son sort. Parfois, il semble même favoriser ceux qui attaquent l’Occident avec une intensité inégalée. L’aspect le plus terrible de la situation actuelle est l’immense orphelinat spirituel de l’Occident.

Considérez ces faits récents (parmi tant d’autres que l’on pourrait énumérer) qui sapent les fondements de la Foi :

  1. Alors que le Catéchisme de l’Église catholique affirme que les actes homosexuels «sont contraires à la loi naturelle» et «ne sauraient recevoir d’approbation en aucun cas» (n° 2357), et qu’une déclaration ultérieure du Vatican de 2003 condamne «la reconnaissance légale des unions homosexuelles», une récente déclaration du Pape François affirme que «les personnes homosexuelles ont droit à être dans une famille… Ce que nous devons faire, c’est une loi d’union civile, elles ont le droit d’être légalement protégées».
  2. Soucieux de construire un «nouveau monde» multipolaire, le pape François a lancé Fratelli Tutti, une encyclique qui, d’un point de vue religieux, met l’Église catholique et les Écritures saintes sur un pied d’égalité avec les autres religions et leurs livres fondateurs. Au nom d’une fraternité naturaliste universelle et de l’«amitié sociale» correspondante, Fratelli Tutti fournit les bases doctrinales et psychologiques d’un «monde ouvert» sans principes ni frontières, sans religion définie, où les ressources sont disponibles pour tous de manière égale, et où les conflits doivent être résolus par le «dialogue».
  3. L’encyclique favorise l’invasion incontrôlée de l’Occident par les migrants (dans le cas de l’Europe, il s’agit surtout des musulmans). Elle appelle à la soumission des pays à des organisations internationales comme les Nations Unies, censées résoudre les problèmes mondiaux, notamment ceux liés au climat et à l’environnement.
  4. En outre, et en contradiction avec la doctrine sociale de l’Église, Fratelli Tutti restreint la propriété privée et l’économie de marché au point de nier, en pratique, la licéité morale de ces deux fondements de l’économie occidentale. D’autres points de l’encyclique suscitent également des inquiétudes. Le pape François les a répétés tout au long de son pontificat et le fera probablement dans les prochaines séances du «Pacte éducatif mondial» et de «L’économie de Francesco». Par exemple : la «décroissance durable», les économies d’énergie sans carbone (c’est-à-dire le paupérisme comme norme de consommation), et la propriété et la gestion communales pratiquées par les mouvements populaires de gauche.
  5. Il faut ajouter à cela les horizons indigènes proposés dans l’encyclique Laudato Si' et l’exhortation apostolique Querida Amazonia, qui présentent le mode de vie tribal comme un modèle de vie et de communauté durables. Sans parler des actes horribles de culte à la Pachamama au Vatican. Tous deux confirment tragiquement les prédictions du professeur Plinio Corrêa de Oliveira sur les tendances paupéristes et tribalistes dans l’Église, faites dans la troisième partie de son livre de 1976 «Révolution et Contre-Révolution» et dans son ouvrage de 1977, «“Tribalisme indigène”: L’idéal communiste-missionnaire pour le Brésil au XXIe siècle».
  6. La passivité de la hiérarchie pendant la crise sanitaire a été évidente lorsque de nombreuses autorités religieuses sont allées au-delà des autorités politiques en interdisant la célébration des messes et en imposant la communion dans la main. Pour la première fois dans l’histoire, le clergé catholique a célébré la fête de Pâques sans les fidèles. Beaucoup d’entre eux ne reviennent plus à l’Église, aggravant une apostasie croissante.

IV. A-t-on le droit de résister à un pape qui abandonne l’Occident chrétien?

L’Église catholique est universelle — son nom le dit. Sa mission est de baptiser toutes les nations, en leur apprenant à observer ce que le Christ a ordonné (Mt. 28:19-20). En ce sens, elle ne s’identifie pas à telle ou telle zone géographique, ethnicité ou culture. Cependant, au cours de ces deux mille ans, la civilisation chrétienne occidentale a été le fruit le plus visible et le plus durable de l’apostolat de l’Église. Sa sainteté, son esprit évangélisateur, sa profondeur philosophique et théologique, ses hôpitaux, ses universités, ses œuvres de charité, sa vigueur économique et ses effets florissants dans les arts et les sciences ont conduit le pape Léon XIII à écrire : «Il fut un temps où la philosophie de l’Évangile gouvernait les États» (Encyclique Immortale Dei, n° 28).

Jusqu’au pape François, les Souverains Pontifes ont reconnu la civilisation chrétienne occidentale comme la fille aînée de l’Église et ont cherché à la défendre. Que l’Église serait une mère dénaturée si, dans une situation où cette fille aînée est en danger de mort, elle lui tournait le dos ou pire encore, aidait ses ennemis à l’attaquer jusqu’à ce qu’elle périsse! L’Église agirait comme un faux berger qui livre le troupeau aux loups voraces qui veulent le dévorer. Or, c’est l’attitude que manifestent nombre de nos plus hautes autorités ecclésiastiques.

Face à ce scénario apocalyptique, une question lancinante se pose dans l’âme d’innombrables catholiques : est-il licite de réagir et de défendre fièrement la civilisation chrétienne, ses traditions religieuses et civiles, même si cela implique de s’opposer à certaines directives émises par ces hautes autorités? Est-il licite de résister, dans toute la mesure permise par le droit canonique, aux politiques menées par le pape François qui menacent l’intégrité, la sécurité et les identités culturelles de l’Occident?

Nous n’avons pas peur d’assumer cet état de RÉSISTANCE, car sa licéité morale a été implicitement reconnue par le silence du pape Paul VI et de nombreuses autorités ecclésiastiques à la déclaration de la TFP sur la politique de détente du Vatican avec les régimes communistes. Le document, rédigé par le professeur Plinio Corrêa de Oliveira, a été signé et publié en 1974 par toutes les TFP existant alors. On peut y lire :

«Dans cet acte filial, nous disons au Pasteur des Pasteurs : Notre âme est vôtre, notre vie est vôtre. Commandez-nous ce que vous voulez. Mais ne nous commandez pas de nous croiser les bras face au loup rouge qui donne l’assaut. Notre conscience s’y oppose».

«Saint Pierre nous enseigne qu’il est nécessaire “d’obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes” (Actes V, 29). Saint-Père, vous êtes assisté par le Saint-Esprit et même conforté – dans les conditions définies par Vatican I – par le privilège de l’infaillibilité. Cela n’empêche pas, dans certains cas ou circonstances, que la faiblesse dont tous les hommes sont sujets puisse influencer et même déterminer votre action. L’un d’eux est – peut-être par excellence – la diplomatie. Et c’est précisément le cas de votre politique de détente avec les gouvernements communistes».

«Alors, que devons-nous faire? Cette déclaration est trop brève pour contenir la liste de tous les pères de l’Église, docteurs, moralistes et canonistes — dont beaucoup sont élevés à l’honneur des autels — qui ont affirmé la légitimité de la résistance. Une résistance qui n’est ni séparation ni révolte et qui ne contient ni acrimonie ni irrévérence. Une résistance qui est au contraire l’expression de la fidélité, de l’unité, de l’amour, et de la soumission».

V. Résistance

Résister signifie que nous encouragerons les catholiques à réaffirmer leur amour pour la civilisation chrétienne occidentale et leur volonté de défendre ses vestiges et sa culture. En outre, nous encouragerons leur restauration avec encore plus d’éclat et de solidité, afin que l’Occident retrouve le leadership mondial qu’il mérite, non pas parce qu’il est occidental, mais parce qu’il est catholique. La civilisation chrétienne occidentale s’appuie sur un passé bimillénaire et sur le fait qu’elle a son centre à Rome, le siège de Pierre.

Résister signifie inviter les dirigeants et les peuples occidentaux à étudier les raisons profondes de leur déclin, telles qu’elles sont analysées dans Révolution et Contre-Révolution, le chef-d’œuvre feu le professeur Plinio Corrêa de Oliveira, et à mettre en œuvre les remèdes qu’il propose pour sortir l’Occident de cette crise existentielle.

Résister signifie que la disparition de l’Occident n’est pas une fatalité, comme nous le rappelle le leader catholique brésilien dans ce même livre : «Quand les hommes se décident à coopérer avec la grâce de Dieu, l’Histoire produit des merveilles : c’est la conversion de l’Empire romain, c’est la formation du Moyen-Âge, c’est la reconquête de l’Espagne à partir de Covadonga, ce sont tous les évènements qui résultent des grandes résurrections de l’âme dont les peuples eux-aussi sont capables. Résurrections invincibles, parce que rien ne peut vaincre un peuple vertueux qui aime vraiment Dieu».

Résister signifie publier respectueusement notre analyse et jugement face à des déclarations telles que l’encyclique Fratelli Tutti ou l’approbation par le pape François de la reconnaissance légale des unions homosexuelles – un coup mortel porté à ce qui reste de la civilisation chrétienne occidentale.

Résister, c’est dénoncer avec une franchise filiale et respectueuse la dangereuse contradiction entre le traitement privilégié accordé par le Saint-Siège à la Chine rouge (dont il ne condamne pas le régime communiste) et le mépris du pape François pour les grands pays d’Europe et d’Amérique. Il s’attaque de façon impitoyable à leur souveraineté et à leur système économique qui est pourtant fondé sur la libre entreprise et la propriété privée, en totale conformité avec le droit naturel, les Dix Commandements et l’enseignement bimillénaire des papes dans le magistère suprême de notre Sainte Mère l'Église.

Résister signifie proclamer avec une confiance indomptable qu’au-delà des tempêtes spirituelles, des défis matériels et de toute attaque de leurs ennemis, l’Occident et la civilisation chrétienne se relèveront, accomplissant les paroles prophétiques de Notre Dame à Fatima: «À la fin, mon Cœur immaculé triomphera!»

Le 28 octobre 2020

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