Rayonnement de la dévotion au Sacré Cœur de Jésus

Comme la dévotion au Sacré Cœur n’est essentiellement qu’un exercice d’amour envers Jésus-Christ, il est certain que tous les saints l’ont connue et pratiquée en profondeur, à toutes les époques du christianisme. Toutefois, c’est seulement vers la fin du XVIIe siècle que cette dévotion a revêtu la forme sous laquelle l’Église la propose actuellement aux fidèles.

Pour accomplir ce dessein, nous manifester l’infinie charité, les mouvements de son Cœur divin et nous découvrir les trésors qu’Il renferme, Notre Seigneur fit choix d’une simple fille de la Visitation de Paray-le-Monial, Marguerite-Marie Alacoque, humble religieuse, inconnue et ignorée du monde.

Un jour qu’elle était devant le Saint Sacrement, Jésus-Christ lui montra son Cœur couronné d’épines et surmonté d’une croix. En même temps Il lui fit entendre ces paroles :

« Voilà ce Cœur qui a tant aimé les hommes, qu’il n’a rien épargné jusqu’à s’épuiser et se consumer pour leur témoigner son amour ; et pour reconnaissance je ne reçois de la plupart que des ingratitudes, mépris, irrévérences, sacrilèges et froideurs qu’ils ont pour moi dans mon Sacrement d’amour. Mais ce qui m’est encore plus sensible, c’est que ce sont des cœurs qui me sont consacrés.

« C’est pour cela que je te demande que le premier vendredi après l’octave du Saint Sacrement soit dédié à une fête particulière pour honorer mon Cœur, en lui faisant réparation d’honneur par une amende honorable, communiant ce jour-là pour réparer les indignités qu’Il a reçues pendant le temps qu’Il a été exposé sur les autels. Je te promets que mon Cœur se dilatera pour répandre en abondance les influences de son divin amour sur ceux qui Lui rendront cet honneur et qui procureront qu’il Lui soit rendu ».

En vain Marguerite-Marie exposa-t-elle à Notre Seigneur sa misère et son indignité ; son humilité ne fit que fixer sur elle les regards du Sauveur. Afin de la rassurer, Il suscita le Père Claude la Colombière pour lui servir de guide et d’appui.

Ce saint homme se voua le premier au culte du Cœur de Jésus, et fit à ce Cœur adorable l’entière consécration de lui-même le 21 juin 1675 qui, cette année-là, se trouvait être le vendredi après l’octave du Saint Sacrement, jour désigné par la révélation pour être dédié à une fête particulière en l’honneur du Sacré Cœur (1). Cette fête commença à se célébrer d’abord dans quelques monastères de la Visitation (1678), puis dans plusieurs diocèses de France : à Besançon, à Lyon, à Marseille et dans presque tout le Midi ; de sorte que la France est, à juste titre, regardée comme le berceau de cette dévotion.

Ce fut la reine Marie Leczinska qui, désirant voir la fête du Sacré Cœur célébrée dans toute la France, exposa ce vœu aux évêques réunis à Paris le 17 juin 1765. Par suite de leur délibération, une lettre circulaire fut adressée à tous les évêques du Royaume pour les inviter à établir dans leurs diocèses cette salutaire dévotion.

Clément XIII publia, le 6 février 1765, un décret qui donnait au culte du Sacré Cœur la sanction apostolique. Ce décret fut reçu avec jubilation, spécialement dans le Royaume de France, d’où cette dévotion s’est répandue dans tout l’univers en moins d’un demi-siècle.

En 1856, l’épiscopat français obtint de Pie IX que la fête du Sacré Cœur devint une partie intégrante et nécessaire du culte catholique ; et, lors du premier Concile du Vatican, les fidèles ont voulu exprimer au Souverain Pontife, par l’entremise de leurs pasteurs, leur vif désir de voir cette même fête élevée au rang le plus solennel de la liturgie.


1 – L’octave du Saint Sacrement est constituée des huit jours qui suivent la Fête-Dieu. Celle-ci étant toujours un jeudi (aujourd’hui déplacée au dimanche suivant), la fête du Sacré-Cœur tombe le vendredi de la semaine suivante.


Source : « Petit mois du Sacré Cœur de Jésus »

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