La royauté du Sacré Cœur, un aspect de la royauté du Christ

Le Christ aux outrages (détail), Philippe de Champaigne, Musée national de Port-Royal des Champs (photo Wikimedia Commons).

Le dernier dimanche d’octobre l’Eglise célèbre la fête du Christ-Roi. Or, dans ses apparitions à sainte Marguerite-Marie, le Sacré Cœur fait référence à plusieurs reprises à son royaume et rassure la sainte avec ces paroles : « Ne crains rien, je régnerai malgré mes ennemis, et tous ceux qui s’y voudront opposer. » Quelle est la différence entre la royauté du Christ et celle du Sacré Cœur ? Dans son ouvrage « Histoire de la dévotion au Sacré Cœur », le Père Auguste Hamon S.J. dédie un chapitre sur « le Sacré Cœur, Roi » où il précise avec une abondante documentation les deux concepts. Pour un premier éclaircissement, nous transcrivons un bref extrait de son raisonnement.

Le Christ est Roi, donc le Sacré Cœur est Roi. Le Christ et le Sacré Cœur ne sont-ils pas une seule et même personne, la personne du Verbe Incarné, Christ et Sacré Cœur ?

La royauté du Sacré Cœur n’est pourtant pas toute la royauté du Christ, elle est une forme, un aspect de cette royauté.

La royauté du Christ, c’est la suprême autorité du Fils de Dieu, Rédempteur des hommes ; autorité spirituelle, autorité temporelle, autorité sur toutes les créatures humaines, dans tous les temps, dans tous les lieux, autorité absolue que limite seul le vouloir divin.

La royauté du Sacré Cœur, c’est toujours la suprême autorité du Fils de Dieu, mais qui, passant par son cœur, s’y imprègne de charité et de miséricorde ; la royauté du Bon Pasteur, de l’Agneau qui efface les péchés du monde, du Rédempteur couronné d’épines, un sceptre de roseau à la main, une vieille chlamyde rouge sur les épaules : « Voici votre roi ! » [Evangile de St Jean, 19, 14]. La royauté du divin méconnu qui, sans une amertume, demande au peuple élu : « O mon peuple, que t’ai-je fait ? En quoi t’ai-je contristé ? Réponds-moi. » [« Les Impropères » de l’Office du Vendredi Saint].

Dans l’Encyclique « Quas primas  » du 11 décembre 1925, (…) Pie XI décrète que l’Eglise universelle célèbrera désormais, le dernier dimanche d’octobre, la fête du Christ-Roi. Ce jour-là, chaque année, dans toutes les églises et chapelles, on récitera la consécration du genre humain au Sacré Cœur de Jésus.

La fête du Christ-Roi n’est donc pas la fête du Sacré Cœur Roi ; mais le jour de la fête du Christ Roi, l’Église se consacre de nouveau au Sacré Cœur. Le Souverain Pontife ne veut pas que les fidèles fêtent le Christ-Roi sans penser au Cœur de Jésus. Il réunit, sans les confondre, deux hommages, j’allais écrire deux fêtes, qui, comme les deux idées exprimées par les deux hommages, se rejoignent et se pénètrent sans se confondre.


Source : « Histoire de la dévotion au Sacré Cœur », par A. Hamon.