Pour demander pardon au Sacré Coeur

Voici un rappel des paroles adressées par le Sacré Coeur à sainte Marguerite-Marie Alacoque en 1675, où il demande des actes de réparation pour les outrages dont Il est objet

Ces paroles sont suivies d’une prière pour demander pardon au Coeur de Jésus. Il s’agit d’une Amende honorable, sous la forme de litanies, prononcée devant le Saint Sacrement par le prédicateur d’une retraite des Frères Maristes, à Varennes en 1899. Il est aussi utile de rappeler que leur fondateur, saint Marcellin Champagnat, disait que « ce qui témoigne du succès d’une retraite, c’est une bonne volonté agissante, rendue féconde par la grâce de Dieu. » 


« Voilà ce Cœur qui a tant aimé les hommes qu’il n’a rien épargné jusqu’à s’épuiser et se consommer pour leur témoigner son amour. Et pour reconnaissance je ne reçois de la plupart que des ingratitudes, par leurs irrévérences et leurs sacrilèges, et par les froideurs et les mépris qu’ils ont pour moi dans ce sacrement d’amour. Mais ce qui m’est encore le plus sensible est que ce sont des cœurs qui me sont consacrés qui en usent ainsi. C’est pour cela que je te demande que le premier vendredi d’après l’octave du Saint Sacrement soit dédié à une fête particulière pour honorer mon Coeur en communiant ce jour-là, et en lui faisant réparation d’honneur par une amende honorable pour réparer les indignités qu’il a reçues pendant le temps qu’il a été exposé sur les autels ».


Pour demander pardon au Sacré Coeur,
une Amende honorable sous la forme de litanies

Seigneur Jésus qui, dans l’Eucharistie où se cache votre présence, ne cessez de répandre sur nous les trésors de votre charité infinie, et qui, le plus souvent, ne recueillez en retour que froideur, indifférence, ingratitude ; très miséricordieux Sauveur, dont rien ne lasse la patience et ne refroidit la tendresse, bon et très doux Pasteur des âmes, de cet humble tabernacle que vous avez choisi pour votre demeure, de cet autel sacré où votre immolation se renouvelle chaque jour, voyez à vos pieds des religieux bien désireux de consoler votre divin Cœur ! Pénétrés de reconnaissance pour vos incessants bienfaits, mais aussi de douleur, de regret et de confusion pour nos innombrables offenses, nous voudrions en ce moment, et pour nous-mêmes toujours infidèles, et pour un monde toujours criminel, vous faire un acte de solennelle réparation. Ecoutez-nous donc, ô notre aimable Sauveur, ô vous que nous serions heureux de consoler ; daignez agréer ces accents de notre foi et de notre trop légitime douleur.

Pour nos irrévérences dans le lieu saint. Pardon, Coeur de Jésus, pardon.

Pour les divagations de notre esprit et les froideurs de notre cœur dans les prières et durant les saints mystères. Pardon, Coeur de Jésus, pardon.

Pour notre peu de préparation à la Communion. Pardon, Coeur de Jésus, pardon.

Pour le peu de ferveur de nos actions de grâces. Pardon, Coeur de Jésus, pardon.

Pour nos infidélités à vos divines inspirations. Pardon, Coeur de Jésus, pardon.

Pour nos péchés de sensualité et d’orgueil. Pardon, Cœur de Jésus, pardon.

Pour nos péchés d’insoumission et d’impatience. Pardon, Cœur de Jésus, pardon.

Pour tous nos manquements au grand précepte de la charité fraternelle. Pardon, Cœur de Jésus, pardon.

Pour les mauvais exemples que nous avons donnés. Pardon, Cœur de Jésus, pardon.

Pour tous les péchés dont nous avons été la cause ou l’occasion. Pardon, Cœur de Jésus, pardon.

Pour toutes les fautes de notre vie passée. Pardon, Cœur de Jésus, pardon.

Pour les blasphèmes des impies contre vous et votre auguste Mère. Pardon, Cœur de Jésus, pardon.

Pour les insultes et les mensonges de l’hérésie. Pardon, Cœur de Jésus, pardon.

Pour la coupable indifférence de tant de mauvais chrétiens. Pardon, Cœur de Jésus, pardon.

Pour les déserteurs de votre culte. Pardon, Cœur de Jésus, Pardon.

Pour les profanateurs de votre saint jour. Pardon, Cœur de Jésus, pardon.

Pour les sacrilèges spoliateurs de vos temples et de vos autels. Pardon, Cœur de Jésus, pardon.

Pour les malheureux instruments de l’enfer dans la propagande de l’erreur et du mal. Pardon, Cœur de Jésus, pardon.

Pour les indignes profanateurs de votre sacrement d’amour. Pardon, Cœur de Jésus, pardon.

Pour tous les outrages dont vous accablent les cœurs qui devraient le plus consoler votre divin Cœur. Pardon, Cœur de Jésus, pardon.

Pour les persécuteurs de votre Eglise et de vos saints dans le monde entier. Pardon, Cœur de Jésus, pardon.

Ô bonté méconnue ! Ô amour délaissé ! Nous voudrions, s’il était possible, vous offrir une réparation qui égalât l’offense, une action de grâces proportionnée aux bienfaits… Mais hélas ! faiblesse et néant, que pouvons-nous, sinon gémir et soupirer à vos pieds ?

Vous qui lisez dans nos cœurs voyez-y nos désirs avec notre impuissance ! En compensation de toutes les amertumes qui ont abreuvé votre aimable Cœur, accueillez, nous vous en prions, tous les transports de vos Anges, toutes les expiations de vos martyrs, tous les gémissements des âmes ferventes, toutes les louanges de vos Saints. Recevez surtout l’amour incomparable du Cœur immaculé de Marie, votre Mère et la nôtre. Mettez dans nos cœurs, avec le regret de nos fautes, l’humilité et la confiance, l’amour et le dévouement. Soyez vous-même ô Cœur adorable de Jésus, notre tout-puissant Réparateur auprès de la Trinité Sainte. Soyez la lumière, la force, l’asile et le rendez-vous de nos cœurs ici-bas, et après les combats de la terre, notre couronne et notre bonheur à jamais dans le Ciel. Ainsi soit-il.


Source : Extrait de la Circulaire 196 (Frères Maristes), Fr. Théophane, 27/12/1899 – Vol. IX, n. 12 –  www.champagnat.org (CC BY-NC-SA 3.0)