L’amour du Sacré Coeur envers nous réclame notre conversion

amour du Sacré Coeur reclame notre conversion - la Samaritaine
Le Christ et la Samaritaine (détail), Stefano Erardi (1630–1716), National Museum of Fine Arts, Malta. Photo : Matthewsharris, Own work, [CC BY-SA 3.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0), via Wikimedia Commons.

« C’est la principale fin de Jésus dans cette dévotion que de convertir les âmes à son amour », disait sainte Marguerite-Marie Alacoque. Les âmes peuvent parfois le savoir mais elles ne songent pas assez combien le but de l’amour du Sacré Coeur est particulier pour chacune.

S’il n’y avait pas eu de péché, ni de rédemption, le Fils de Dieu aurait toujours aimé l’humanité et chaque âme d’un amour incréé immense, et (s’il se fût incarné) d’un amour fini incomparable.

Et l’homme aurait dû répondre à cet amour, se tourner vers Dieu par la grâce et la charité.

Mais dans l’état présent, c’est-à-dire dans l’état de déchéance originelle et, trop souvent, de péchés personnels, nous avons à revenir vers Dieu, d’une région plus lointaine, d’un abîme plus profond que le néant. Et le mot de conversion est réservé pour exprimer ce mouvement de retour du péché à Dieu.

Nous convertir du péché à la justification, du moins bien au mieux, du bien au parfait : rien n’est réclamé plus évidemment et plus directement, que ce retour, par la dévotion au Coeur de Jésus. (…)

La conversion, c’est la réponse au mouvement de l’Amour suprême vers nous ; et aux désirs immenses qu’il a de posséder notre coeur.

C’est bien chacun de nous en particulier que le Sacré Coeur veut conquérir

Nous le savons par coeur, ce mouvement de l’Amour vers nous ; nous avons songé souvent combien il est condescendant, miséricordieux, oublieux, pour ainsi dire, de la grandeur et de la dignité infinies.

Mais jamais nous ne songerons assez combien il est particulier dans son but, comment c’est à notre coeur qu’il en veut. Et rien ne nous révèle mieux que ce but que la dévotion au Coeur de Jésus.

Et d’abord, voyons bien à quel point le but de la Charité infinie est particulier.

Cette Charité éternelle nous semble trop facilement vague, regardant tous les hommes. C’est bien vers le monde entier qu’elle veut venir pour le changer ; mais ce n’est pas moins vers vous. Quoique vous vous trouviez peut-être bien indigne d’être convoité par un Dieu, c’est bien vous qu’elle prétend gagner.

Elle est d’abord venue par la Création vers les hommes et vers vous individuellement. Il y a là, pensez-vous, une oeuvre d’immense amour, mais peut-être aussi quelque chose de banal, puisque tout le monde en jouit ?

Un effort énergique et toujours nouveau est nécessaire pour prendre le dessus de cette impression : puisque c’est pour tout le monde, ce n’est donc pas pour moi ?

C’est pour vous, et d’autant mieux pour vous que tous ceux qui en jouissent vous aident à jouir plus parfaitement vous-même. (…)

Le mouvement de l’amour du Sacré Coeur vers nous réclame notre conversion

L’Incarnation vous semble-t-elle aussi une oeuvre commune parce qu’elle est universelle ? Sachez bien que le Fils de Dieu incarné, et son Évangile, et sa Passion, et sa mort, sont à vous, aussi bien si vous étiez seul au monde. (…)

Que sont les Sacrements ? Le moyen le plus simple et plus sûr de répandre, Lui-même, en vous sa grâce sans autre mesure que celle de vos dispositions. Par les Sacrements toute grâce de Jésus est à vous. (…)

Et par l’un de ces Sacrements, c’est la Source de toute grâce, c’est lui-même, qu’il verse en vous : lui avec tous ses mystères, avec la plénitude de sa vie.

Comme il est bien à vous dans l’Eucharistie !


Source :  Charles Sauvé, S.-S., « Le chrétien intime – Le culte du Coeur de Jésus »,  II, Partie II, chap. 3. Intertitre de la rédaction.