III – La raison et la mesure pour honorer Notre-Seigneur : ses abaissements

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"La Flagellation", dans le "Cycle de la Passion en dix tableaux", 1485. Heinrich LUTZELMANN (ca. 1450-ca. 1506), église St-Pierre-le-Vieux, Strasbourg. Photo : Ralph Hammann, CC BY-SA 4.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0)], via Wikimedia Commons. Public domain.

Avec ferveur, St Pierre-Julien Eymard rappelle notre devoir d’ honorer Notre-Seigneur et explique son attitude devant les profanateurs du Saint-Sacrement.

Jésus ne permet pas à ses Anges de le protéger contre les profanations

De plus Notre-Seigneur perd sa liberté extérieure. Un roi qui s’abaisse aussi profondément qu’il peut, conserve sa liberté ; il est capable de se défendre, de se sauver. Notre-Seigneur s’est lié volontairement à la voix du prêtre et aux espèces consacrées ; il subit, sans se plaindre, les profanations ; il ne se défend pas contre elles et ne permet pas à ses Anges de le protéger. Un galérien, en danger, peut appeler de l’aide et faire entendre ses plaintes ; c’est instinctif de secourir ceux à qui il arrive malheur dans la rue. Notre-Seigneur se réduit au silence, il ne garde que sa puissance d’aimer et de s’abaisser.

On pourrait lui dire : Seigneur, vous saviez ce qui vous arriverait. Pourquoi êtes-vous ainsi présent ? – Et il répond : je me plais à vivre au milieu des enfants des hommes, je les aime ; je veux les voir, les garder ; peut-être, un jour, finiront-ils par venir vers moi.

Enfin Notre-Seigneur subit l’humiliation des communions sacrilèges. Que de Judas, dans le monde, abusent de ce signe d’amitié qu’est la sainte Communion ! Que de pieux hypocrites, gens à deux faces, à double jeu ! Justes avec les justes, pécheurs avec les pécheurs ; et ce sont des catholiques cependant. Les amis, les protecteurs, les ambitions, les plaisirs, passent avant Notre-Seigneur. Lui, le dernier, en viatique, si on a le temps.

Dans quelle mesure doit-on honorer Notre-Seigneur ?

En réalité, Notre-Seigneur ne reçoit-il pas plus d’injures que de gloire ? Le nombre des chrétiens indifférents ou mauvais n’est-il pas plus grand que celui des chrétiens fidèles ? Jésus-Christ va donc en perdant ? Pourquoi continue-t-il ce commerce ?

Ah ! les Saints sont indignés de cette conduite des hommes, ils en pleureraient de douleur, s’ils en étaient encore capables. Et le Père céleste dit à son Fils : finissons-en ; vous ne profitez de rien, votre amour est méconnu, vos abaissements restent inutiles ; vous perdez, finissons !

Notre-Seigneur ne veut pas. Il espère. On pèse l’amour, on ne compte pas ; et Jésus-Christ se contente des adorations de quelques bonnes âmes.

Honorez-le donc avec ferveur et délicatesse. Ses abaissements : voilà la raison et la mesure de l’honneur que nous lui devons.


Troisième et dernière partie des paroles de Saint Pierre-Julien Eymard sur les abaissements de Jésus dans l’Eucharistie (cliquez ici pour lire la première partie) et la deuxième partie où il explique pourquoi il faut rendre hommage à Jésus qui ne se montre pas), prononcées le 17 juin 1868 à Paris. Les intertitres sont ajoutés par la rédaction.


Source : « La Sainte Eucharistie – la présence réelle », Bienheureux Pierre-Julien Eymard.